L’industrie, les Premières nations et les écologistes unissent leurs forces et appuient la plus importante vision de conservation à marquer l’histoire du Canada

Le 1 décembre, 2003 – Ottawa

Une alliance inhabituelle formée d’organismes de conservation, de Premières nations et de sociétés d’exploitation des ressources propose une vision pour protéger les vastes forêts boréales et les zones humides du Canada, lesquelles forment l’un des derniers grands écosystèmes vierges de la planète.

La Convention pour la conservation de la forêt boréale a été rendue publique aujourd’hui par l’Initiative boréale canadienne (IBC). Cette convention se veut une nouvelle approche qui vise à assurer un équilibre entre la conservation et l’exploitation des ressources naturelles, laquelle reçoit l’appui d’un groupe diversifié représentant des intérêts historiquement divergents. Il permettra au Canada de se positionner comme un chef de file de la conservation et de la gestion des forêts et des zones humides.

Voici la liste des 11 groupes ayant prêté leur appui à cette vision commune : Alberta-Pacific Forest Industries, la Société pour la nature et les parcs du Canada, les Premières nations Deh Cho, Domtar inc., Canards illimités Canada, Forest Ethics, la Nation Innu (Labrador), Poplar River First Nation, Suncor Energy inc., Tembec inc. et le Fonds mondial pour la nature Canada. Ce sont les membres fondateurs  du Conseil principal de la forêt boréale mis sur pied par l’IBC.

« La vision mise de l’avant dans la Convention reflète un large éventail de perspectives, depuis la sagesse et l’expérience collectives des leaders dans la lutte pour conserver la forêt boréale, jusqu’aux données scientifiques à notre disposition, d’affirmer Cathy Wilkinson, directrice de l’Initiative boréale canadienne. Nous espérons que notre travail inspire de nouvelles solutions créatives à tous ceux dont la subsistance dépend de la survie de la forêt boréale. »

Mme Wilkinson ajoute qu’à la lumière du fait que plus de 90 % de la région boréale appartient à la couronne, les gouvernements devront jouer un rôle de premier plan dans la  mise en œuvre de la vision proposée dans la Convention.

Forts des intérêts diversifiés représentés par le conseil, les membres comptent maintenant approcher d’autres organisations et gouvernements. « Nous comptons maintenant entamer un dialogue plus large avec les gouvernements et d’autres parties pour discuter d’approches coopératives, particulièrement en ce qui concerne l’aménagement efficace des territoires », d’ajouter Wilkinson.

Wilkinson affirme qu’il est urgent d’adopter une approche holistique à la conservation de la forêt boréale puisque les décisions sur l’aménagement des territoires qui sont actuellement prises dans chaque province et chaque territoire dicteront le sort d’une bonne partie de la région d’ici les trois à cinq prochaines années.

« En agissant maintenant, le Canada est en mesure de protéger le quart des dernières grandes forêts de la planète qui demeurent pour la plupart dans un état encore vierge. Une possibilité unique nous est offerte d’adopter une vision équilibrée dont l’objectif sera de préserver l’ensemble de la région boréale du Canada tout en offrant d’importants bénéfices économiques », d’ajouter Wilkinson.

La Convention prévoit la mise en place d’un réseau de grandes zones protégées interconnectées qui couvrira environ la moitié de la région boréale du pays – y compris la forêt boréale, le forêt-parc à trembles et la taïga – et le recours à des pratiques de développement durable dans le reste du territoire.

La Convention représente une vision nationale et un objectif global pour la région plutôt qu’une formule devant être appliquée individuellement à chaque secteur. Par exemple, dans plusieurs forêts boréales provinciales commercialement exploitées, des initiatives ont déjà été amorcées pour assurer la protection nécessaire, laquelle a déjà été établie scientifiquement à des niveaux inférieurs à 50 %, tandis que dans des zones de forêt limitrophe, un niveau de protection supérieur à 50 % pourra s’avérer nécessaire. Un certain nombre d’initiatives récemment annoncées d’un bout à l’autre du pays – y compris celles auxquelles participeront les membres du Conseil au Labrador, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Ontario et au Québec – joueront un rôle clé dans la poursuite de l’objectif de la conservation stipulé dans la Convention.

Au cours des prochains mois, l’IBC travaillera de concert avec les membres du Conseil pour solliciter l’appui de divers secteurs a la Convention, mettre en pratique les principes de la Convention et offrir aux gouvernements la possibilité de s’y engager et d’y participer activement. L’IBC a également commandé une recherche scientifique afin de peaufiner les approches, notamment les niveaux de protection nécessaires, et les activités permettant d’élaborer et de mettre en œuvre cette vision.

L’initiative boréale canadienne est une organisation non gouvernementale nationale fondée en 2003 par Pew Charitable Trusts pour promouvoir la conservation et le développement durable de la forêt boréale.